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Stéréo

Tout commence dans la clarté émergente du son, témoignant peut-être du tout premier éparpillement quand l'univers n'était pas encore transparent - rien d'opaque pourtant parmi cette lumière qui advient d'elle-même.

Alors l'intelligence de ce qui se compose, se décompose & se recompose sans cesse résonne en nous comme l'écho amoureux d'une harmonie que nous ne pouvons pas avoir oubliée, comme les nuées d'étoiles qui éclaboussent tous les mondes, comme ce chuchotement de l'espace intérieur du monde. Des creux accueillent le tintement d'un embrasement ample comme la douceur, quelque chose sonne délicatement quelque part, rien ne s'agite mais tout se déploie selon une géométrie intime, commune & fervente. C'est la tranquillité en mouvement, l'enlacement & l'étreinte, la fin d'un exil auquel nous ne pouvons plus croire...


 

Pour former certains mots on utilise le préfixe stéréo issu du grec ancien stereós qui signifie "solide". Celui-ci exprime une idée de fixité, de fermeté, puis par extension celle de solide au sens de "volume" - une idée d'espace à trois dimensions.

Ainsi seront formés le mot stéréométrie (géométrie pratique qui a pour objet la mesure des solides naturels), le mot stéréographie (représentation des solides par projection sur un plan), celui de stéréophonie (ensemble des procédés permettant de donner l'impression du relief acoustique), ou enfin celui de stéréotypie (tendance à conserver une attitude).


Enfant j'aimais écouter la musique avec un casque, & ce n'était pas - seulement - pour m'isoler de l'agitation des autres. C'était encore l'époque des musicassettes mais un grand nombre de productions prenaient déjà soin de créer un espace sonore aussi riche & vaste que celui entrevu à la fin des années soixante par Syd Barrett, Brian Wilson ou King Tubby.

Je tirais de chaque moment parmi ces étendues un grand apaisement. J'y sentais que quelque chose m'y était enseigné : l'intelligence de l'univers m'était accessible, dans sa nudité.

Maintenant j'ai vieilli & les musicassettes sont des reliques. Mais la joie qui me vient du son m'est toujours aussi vive & toujours aussi neuve : elle n'a pas vieilli. Elle m'est un soutien parmi les tribulations, un réconfort pour tenir malgré les mauvaises nuits, une occasion surtout de me sentir accordé, adéquat - chez moi. J'y apprends toujours beaucoup. Faudrait-il contrarier cette tendance à conserver une attitude ?














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